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Morigan Voile & Escales

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Nous avons rencontré Didier et Marie à Union Island dans les Grenadines dans les années 85.

Ils sont venus frapper au cockpit et se sont présentés.  La famille de Didier était à Bréhat  en sympathie avec la famille Bourvéau, mais Yves et Didier ne s’étaient jamais rencontrés.

Marie et Didier naviguaient sur Okam, le bateau de Marie mouillé non loin de nous. Ils  prenaient une année sabbatique pour naviguer ensemble  Tout de suite le courant est passé  entre nous

Marie nous avait questionnés : Savez-vous pourquoi j’ai appelé mon bateau Okam ? Elle fut très étonnée  que je sache lui répondre : Pour qui a lu « Mermère », l’Okam est ce petit instrument qui permet aux humains de respirer sous l’eau, sans autre équipement et permet aux hommes de fréquenter  leurs amis baleines et dauphins. Le rêve de tout humain !

Cette référence à un livre qui m’avait aussi enchantée et nos liens avec Bréhat furent les points de départ de notre amitié ; mais Okam continua sa route et, de notre côté, nous  retournions en Méditerranée pour notre saison  de charter d’été.

On ne s’est pas revus : perdus de vue le charmant Didier et l’adorable Marie !

Nous avions des nouvelles par les familles à Bréhat jusqu’à ce que la mort d’Yves me prive de séjours annuels dans la maison de famille de que nous partagions avec sa sœur.

C’est à Madère que Didier et Marie repartis, sont tombés 25 ans après, sur Saint-Graal rebaptisé Petronella.   Ils ont lancé  une bouteille à la mer sur internet, dans le site du café du port ;  je suis tombée sur leur message

Depuis ils ont la gentillesse de donner régulièrement à la vieille dame que je suis devenue  des nouvelles de leur périple, illustrées de photos qui me font rêver.  Merci à eux.

Voici le nouveau site où ils racontent leurs aventures :

http://moriganvoileetescales.unblog.fr/

carénage à Canet

Carénage à Canet

Et Marie nous donne les explications suivantes :

A notre départ de Canet en Roussillon le 7 juillet 2011 j’avais commencé un blog qui nous a accompagné jusqu’à notre arrivée de l’autre côté de l’Atlantique à Marigot ile de Saint Martin aux Caraïbes.
Ce blog était hébergé par STW (Sail the world) mais il a disparu corps et biens …… il parait que j’avais été avisée ?????  J’ai réclamé plusieurs fois, de grandes promesses ont été faites en réponses …. mais rien n’est venu !!!!
Alors j’ai décidé de le remettre en ligne en faisant appel à mes souvenirs chez un autre hébergeur. Grâce au livre de bord assez bien tenu j’écris donc celui que vous trouverez sur le lien ci-dessous :

Les connexions internet du Guatemala et du Belize n’étant pas full speed je mettrai le temps qu’il faudra, mais un jour je serai à jour ……
Soyez patients et même si c’est de l’histoire ancienne, les photos sont là pour faire rêver, c’est mon cadeau pour 2016 !!!!!!
Il y aura aussi une rétrospective de photos sur nos navigations avec Okam il y a 25 ans ….. Grenadines, Panama, Pacifique et l’océan Indien.

Bonne année à tous.

Marie

Les rencontres du Saint-Graal

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Au fil de ses huit ans de navigation  l’équipage du Saint- Graal a reçu des hôtes, certains déjà célèbres, d’autres moins connus mais  remarquables personnalités, d’autres quelquefois très fortunés et même très titrés !

Bien que se mettant  toujours entièrement à la disposition de leurs hôtes, les membres de l’équipage du voilier ne se sont jamais  sentis dévalorisés  et n’ont jamais  été considérés comme du « personnel ».

Les relations basées sur un respect mutuel  ont toujours été très cordiales  au point que  beaucoup de passagers sont revenus à plusieurs reprises ou nous ont envoyés leurs amis ou leur famille,  charge à nous de les prendre (et les surprendre ) dans des endroits  différents à  chaque voyage .

Si d’anciens passagers lisent cet article,  qu’ils en soient remerciés  car car ils n’ont laissé à l’équipage  que de très bons souvenirs.

Quant aux membres  l’équipage,  hormis Winie  magnifique marin  professionnel, natif de Béquoua   (Grenadine) qui nous a  soutenus pendant plus de deux ans  à nos débuts,  et dont le sens marin était remarquable,  nous avons invités à nous rejoindre  à chaque saison, des jeunes gens au pair, qui, tout en nous secondant apprenaient  la navigation sous la férule d’Yves. Ils ont pu  ensuite faire valoir une bonne expérience des traversées méditerranéennes ou trans océaniques et une bonne pratique des usages en charter.

Là encore nous avons été chanceux,  ils ont tous été parfaits compagnons  avec bonne humeur et souvent  en prime beaucoup d’humour. A eux aussi,   grand merci !

Fais-moi une bulle !

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Fais-moi une bulle !

Quelque part dans  un mouillage aux Antilles.

C’est une des rares fois  ou Yves et moi nous nous sommes baignés ensemble !

Très curieusement,  Yves partait quelques fois chasser, mais en indépendant.

En fait il ne se baignait que rarement,  pas comme moi qui, en fille de la Méditerranée, sautait dans l’eau au moindre prétexte, surtout pour me rafraichir et me détendre,  mais rarement sans mon masque.  Je pouvais passer des heures à regarder les fonds marins !

Yves, lui, avait vite froid,  et abrégeait ses bains : c’ était un Parisien et bien qu’ayant fréquenté la mer, côté Atlantique et ayant passé de nombreux séjours en Bretagne et en  Manche -dont en  connait la température de l’eau- il n’était pas un animal marin!

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Category: Carnet de bord

Magie des lunettes noires

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Magie des lunettes noires

Dans les Grenadines, Lesley, ma chère amie, nous a amenés sur un site opulent de vestiges précolombiens, face à l’océan mais protégé par le récif de corail. Là des milliers de tessons jonchent la plage et le terrain en arrière.

Nous sommes fous de bonheur de prendre connaissance de ce site, mais navrés de voir que le troupeau de cochons du propriétaire des lieux foule le sol et brise encore plus ces tessons remis au jour par la dernière tempête.

Nous ne savons  quoi ramasser, quoi sauver ; nous recueillons  le maximum de tessons intéressants par leurs dessins, leurs formes et les confions à Lesley qui avait déjà constitué une petite vitrine-musée dans la devanture d’un magasin, il y a quelques années,  dans le village constituant le port de cette île des Grenadines. Mais cette vitrine a aussi été détruite au cours d’une tempête tropicale. Yves et Lesley rivalisent dans les prouesses de leurs trouvailles.

Et tous deux se précipitent, mais Yves avec un petit temps de retard, sur une sorte de feuille  blanche triangulaire ;  Yves crie de dépit, c’est Lesley qui a gagné !    Elle avait compris avant lui : c’était une énorme dent de requin, datant de peut-être quatre ou cinq siècles en arrière,  qui se trouvait au milieu des autres artefacts. A- t-elle été recueillie  par les Amérindiens ou bien est-elle fossile ?

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Amorgos : Une jupe, un pantalon

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Amorgos

En juin 1990, de retour de Rhodes par le sud nous faisons escale à Amorgos.

Amorgos était peu connue à cette époque, Elle est devenue célèbre depuis le tournage du « Grand bleu » qui nous en a offert de magnifique vues.

C’est une île un peu perdue dans mer Egée; elle a la particularité, entre autres, d’héberger un monastère orthodoxe bien sûr, mais surtout en partie troglodyte, au pied d’une falaise rouge impressionnante. Le monastère est plaqué contre le rocher, imprenable, inclus dans ses hautes murailles blanches.

Nous en avions entendu parler et étions curieux de le visiter.

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Un prince à bord

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Trogir 25 août 1990

Quand le prince arriva à bord il venait du Venezuela ; il lava sa chemise et l’étendit sur un cintre ; il n’avait pas déjeuné et se contenta de deux œufs au plat. On ne peut rêver d’homme plus simple et moins prétentieux

Quand la princesse arriva à bord elle venait de Hollande –  apparemment elle était séparée du prince – elle se mit à râler car elle n’avait pas de cabine pour elle-seule et devait partager la très grande cabine arrière avec celle qui n’était que la fille de son mari (et pas la sienne) ce dont nous n’avions pas été informés. Il était impossible de les distribuer différemment dans la mesure où elle faisait chambre à part d’avec le Prince.

Elle demanda immédiatement à aller se baigner. Yves s’exécuta de bonne grâce et l’emmena à l’extérieur du port en Zodiac.

Quand Roxane, la fille du prince arriva de New York, elle était souriante, avec une très belle personnalité, elle s’adapta tout de suite à tout. Intelligente et fine, elle était journaliste de l’un de ces quatre magazines féminins les plus importants et anciens des Etats-Unis nommés là- bas « Les Quatre Sœurs ».

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Les pieds dans l’eau

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Les pieds dans l’eau

Les « Grenadines », quel joli nom ! Ce sont une myriade de petites îles situées dans la portion sud de l’arc formé par les grandes Antilles qui marque la séparation entre l’Atlantique et la Mer des Caraïbes. Elles sont au nord de l’île de la Grenade, d’où leur nom sans doute.

Parmi elles les « Tobago Cayes » un ensemble de trois îlets, abrités du grand Atlantique par une barrière de corail. Entre cette barrière de corail à l’Est et deux des îlets, assez proches, un lagon idyllique ! Une faible profondeur d’eau au dessus d’un sable blanc d’origine corallienne donne à l’ensemble une couleur vert turquoise pâle qui ravit immédiatement les passagers des bateaux qui trouvent là un mouillage idéal.
Mais les Cayes se méritent car elles sont dangereuses à atteindre ; en effet le chemin pour y parvenir est parsemé de hauts fonds redoutables ! Un homme posté en haut de la mâture est nécessaire pour indiquer la voie libre au barreur et il n’est pas question de tenter s’approcher quand le soleil est de face car on ne distingue plus la couleur de l’eau permettant de différencier les hauts-fonds des voies libres.

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Enfin prêts !

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Ênfin prêts !

Alerte ! Avis de tempête à la radio.

En l’attendant, on révise tout de l’avant à l’arrière, on vérifie que l’ancre est solidement amarrée à son ber ; on bouche l’orifice de la chaine et on en fixe le petit capot pour qu’il ne soit pas arraché par une vague.

On vérifie le serrage des capots. On arrime doublement le moteur hors- bord sur le balcon arrière, on refixe les planches à voile, bien calées entre les solides coffres de pontet le bastingage. On met des tapes sur les bouches d’aération ; on a saisi solidement le Zodiac sur le pont arrière ; on vérifie que tous les écoutes et autres cordages sont lovés et rangés correctement pour qu’ils ne se répandent pas sur le pont avec les trombes d’eau.

On range tout ce qui peut devenir un OVNI (objet volant non inventorié) dans un coup de roulis. On consolide les retenues des bouquins dans la bibliothèque

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Dauphins

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Dauphins

On peut naviguer pendant des jours sans voir un dauphin mais plusieurs fois ils ont apparus au moment même où je pensais à eux, de nuit ou de jour. Est-ce que l’on arrive à percevoir leurs ultra–sons sans les entendre réellement ?   Leur sifflement qui ressemble au cri d’un petit oiseau à peine audible m’était-il parvenu sans que j’en ai eu conscience ?

Ceux qui nous aiment sont heureux comme des fous à jouer avec nous.

Ceux qui sont indifférents s’écartent sans hâte, en formant un cercle si on essaie de s’approcher d’eux , comme si on les dérangeait dans leur réunion.

La splendeur de les voir s’enfoncer à dix mètres de fond à travers la surface limpide et parfaitement immobile de l’eau. La joie de les voir nous regarder en se mettant sur le côté pour leur œil puisse nous voir, perchés dans le balcon avant, au-dessus d’eux ; On communique, c’est sûr ! Mon plus grand regret est de n’avoir jamais nagé avec eux !

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Histoire de MAY

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Histoire de MAY : mayday ! mayday!

Bien souvent nos passagers avec qui la sympathie passait nous parlaient de leur vie, de leurs préoccupations, de leurs projets. L’ambiance de vacances ainsi que des hôtes sympathique et attentifs à leur bien être les incitaient à parler librement avec nous

En juillet 1989 May vint à bord avec ses parents, son frère et Martine, une de ses amies très proches. Je n’ai pas d’énormes souvenirs de ce groupe sinon qu’une très jolie amitié se noua entre May qui devait avoir 17 ans à l’époque et la grand-mère que j’étais. C’était une jeune fille spontanée qui parlait facilement, charmante, à l’aise, bien éduquée, un peu infantile bien que très raisonnable, élevée dans un cocon familial très chaleureux. Et pendant son séjour à bord, je lui avais appris à faire de la planche à voile. Elle avait adoré.

Planches à voile au couchant

Planches à voile au couchant

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La crique du Bel canto

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La crique du Bel Canto

Quand on nous a annoncé Jacques Martin comme passager du Saint-Graal, j’ai paniqué !

D’abord pour la cuisine car ce remarquable homme de télévision avait aussi reçu la qualification de « meilleur cuisinier de France », et ensuite pour le personnage qui avait la réputation d’être difficile dans son milieu professionnel.

En vérité nous n’avons jamais eu de passager plus affable, plus accommodant, plus convivial et plus heureux d’être à bord.

Jacques martin 001

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Drôle de maison !

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Drôle de maison  : une histoire pour les petits enfants

Moi j’habite une drôle de maison. Je vais vous raconter :

Sa forme est allongée, elle n’a pas de portes et son toit est plat. On y entre en passant par une ouverture dans le toit et d’ailleurs, la plupart des fenêtres sont aussi sur ce toit.

On y descend par une échelle inclinée, en bois, on arrive alors sur un palier où, de grandes vitres permettent de voir le paysage. Si on continue à descendre un peu, on arrive dans le salon-salle à manger, qui est à côté de la cuisine. Mais il y a aussi quatre chambres dont les portes sont de forme ovale.

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Casque, calebasse et crâne de fer

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Nous sommes mouillés à Mayero dans les Grenadines, dans les petites Antilles, en attendant l’arrivée des passagers de notre prochain charter, nous avons décidé de nous mettre dans un endroit plus sauvage que le mouillage de Clifton qui est près de l’aérodrome d’ Union Island.

Nous sommes dans une crique de cette île, très peu peuplée, à l’époque, et éloignée de la seule petite agglomération qui y existe.

Nous allons faire quelques travaux à bord.

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Un O.V.N.I de mer

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C’est nuit noire.

Mais la nuit n’est jamais complètement noire en mer,   il y a, dans les lointains, les feux des cargos éloignées de quelques milles, il y a les illuminations des paquebots enguirlandés, il y a la laitance des milliers d’étoiles, il y a les clins d’oeuils des phares, il y a les feux clignotants des avions, les halos des ports ou villes lointaines, les lampes aveuglantes des « lamparos», pêcheurs piégeant les poissons dans leurs violentes lumières …   et la lune et ses reflets !

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Category: Carnet de bord

La construction du Saint-Graal

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Introduction par Jeanine Ravoux–Bourvéau

Ce site est ouvert à  tous  les amis du Saint-Graal :

Ceux qui l’ont construit ou qui y ont participé de différentes façons, ceux  qui y ont
navigué, équipiers, marins, passagers, hôtes, nos familles à qui nous avons manqué pendant ces années de navigation, ceux qui nous ont confié des clients, les skippers des voiliers avec qui Yves  surtout était en contact radio tout au long des navigations et aussi aux anciens de Saint-Lys-radio, notre cordon ombilical avec la terre.

C’est aussi un clin d’œil à des amies navigatrices qui ont aussi suivi leur homme sur mer : Lesley,  Nadine, Marie, Sylvie, Colette, Christine, Anne,  etc.  et qui ont fini par aimer cela et devenir essentielles à bord.  Elles pourraient en raconter encore plus que moi !

C’est au cours d’un dîner familial à Noël dernier (2013) que j’ai exprimé avoir l’envie de raconter l’histoire du Saint-Graal dans un site internet.

« Chiche, me dit mon petit-fils Benjamin, informaticien de profession, tu m’envoies tes textes  et tes photos et je les rentre dans un site que je te ferai ; tu pourras même  continuer à rentrer tes textes, au fur et à mesure que tu les écriras et même y apporter des corrections »

Benjamin est le seul de mes petits-enfants qui ait vraiment bien connu le Saint-Graal  et qui, dans sa petite enfance, ait navigué sur ce bateau. Aussitôt rentré chez lui, avec les toutes premières photos dont il disposait, il a créé le site.

Et moi j’ai ouvert la boite de Pandore !

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Category: La construction

Cowes, île de Wight, mai 1983

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Nous sommes à quai dans la marina.   Nous nous y sommes installés  pour terminer les derniers préparatifs avant grand départ.  Nous y faisons faire la peinture du pont par un chantier local anglais. Je reste seule à bord pendant quelques jours alors qu’Yves est retourné en France boucler son travail.

Je travaille à bord avec une machine à coudre  Reads calibrée pour recoudre  des voiles de bateaux et je confectionne les rideaux  avec les restes du velours  gris-bleu des banquettes du carré.

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Category: Carnet de bord

Seule dans la nuit

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 Seule dans la nuit

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Un mouillage dans les îles Kornati

Nous sommes en plein mois de Juillet  , sur une île pratiquement inhabitée,  nous  dînons  à bord avec notre équipier Laurent , il ne fait pas encore nuit :  une soirée tranquille, sans passagers, entre deux charters.  Nous avons choisi ce mouillage sûr,  tout au fond d’une assez grande baie, dans  crique en forme de  V.     Il y a peu de vent et  celui-ci  vient de l’arrière du bateau qui est bien tenu à terre par deux  aussières croisées, nouées  à des rochers ; il est  mouillé sur ancre à l’avant avec suffisamment de chaîne pour la hauteur d’eau de 5/6 m.

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Category: Carnet de bord

Un mauvais sort

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Un mauvais sort

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Belle partie de voile dans le golfe de Fethyé

Nous naviguons toutes voiles dehors et bien réglées ;  c’est  l’après midi où il y a toujours  un bon vent  qui, ce jour là, est portant.  Nous sommes sous pilote automatique et  seulement trois à bord : Yves assis à la table à cartes  surveille la route, met à jour ses notes ou bricole.   Winnie, notre marin antillais, natif de Bequia, la seule  des petites Antilles  réputée pour ses marins et chasseurs de baleines et moi.

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Category: Carnet de bord

À Venise

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Nous sommes en Yougoslavie entre deux charters ;  notre équipier du moment  a du faire un saut en France pour régler quelques affaires. Yves et moi sommes seuls à bord,   exceptionnellement  pas de travaux à faire.

– « Et si nous allions faire un tour à Venise ? » me dit Yves,

–          « A  Venise ?  Pourquoi ? »

–          « Ben ! Pour voir !

–          «  Oh ! J’ai l’impression de connaître ! Il y a tant de photos, de films, de livres que pour moi c’est peu surfait,  mais si ça te fait plaisir pourquoi pas ? »

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Apocalypse now

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Nous rentrons de l’été en Turquie ;  la navigation prend environ 6 jours entre Rhodes et Ampuria Brava, au Nord de la Catalogne où nous avons coutume de relâcher.   Cette fois-ci le temps est assez pénible. Nous arrivons au sud de la Sardaigne par un temps exécrable,  vent, grains, orages et Yves décide de reposer l’équipage en faisant  escale à Port Teulada  que nous connaissons,  au sud de la Sardaigne  où nous sommes certains  de trouver de la place à quai. Une escale  avec une nuit de repos seront bienvenues !

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Un ballet à Barcelone

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Quelques jours après  Mark  débarquait à Port Mahon, aux Baléares, où nous l’avions embarqué à l’aller. Yves m’avait proposé de garder Mark  jusqu’en Espagne ;  mais j’étais bien amarinée  et il ne nous restait plus qu’à  rejoindre  Rosas  pour terminer la saison : cela semblait inutile de garder nnotre équipier d’autant que nous aurions du financer son voyage retour.

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L’éruption du Vulcano

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Il fait nuit noire, je suis de quart en première  partie de nuit.  Mon skipper de mari, ayant pour particularité de s’endormir d’un coup, sans sentir venir son sommeil de plomb,  j’ai toujours à l’esprit de prendre le premier quart  afin qu’il puisse dormir profondément durant la première de partie de la nuit. Ensuite, il n’y a plus de risque, ayant déjà pris du repos , il peut prendre le deuxième quart, et moi, je peux  alors aller dormir sur mes deux oreilles.

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L’album-photos du Saint-Graal (à composer)

Le Saint-Graal et son équipage ont parcouru certaines zones côtières entre les années 1983 et 1991.

Un corpus de photos a été réuni.  Nous  publierons celles  qui présentent un intérêt archéologique,  ethnologique ou esthétique.

La première navigation du Saint-Graal (à suivre )

Parti de l’île de Wight,  au sud de l’Angleterre, le skipper Yves Bourvéau, ancien directeur (bénévole ) de l’école de navigation du Touring Club de France,  accompagné de quelques  amis  équipiers  renouvelés aux différentes  escales techniques , rejoint  l’ile de Rhodes  où il a rendez-vous avec ses premiers clients.   Les aléas des premières navigation   …..

La  première  grande croisière

Première partie : de Cowes à Palma de Majorque

Dimanche 15 mai 1983, 13h.   Ils sont partis !  Je les vois s’éloigner et je les filme à partir d’une hauteur d l’île de Wight.

Avec Yves, il y a à bord Pierre Renevier, dentiste d’Yves et néanmoins un très grand ami,  Frère de la côte ;  Henri Payelle ami de Pierre  et Frère de la Côte, lui aussi. Il est prévu qu’ils convoieront le bateau jusqu’aux Baléares. Les épouses de Pierre et d’Henri les rejoindront à Lisbonne pour la deuxième partie, réputée moins dure que la descente de l’Atlantique et la traversée du golfe de Gascogne.

Il y aussi  Albert Rajau,  notre ami qui s’est tellement investi dans la décoration du bateau  et Eliane sa future épouse qui adore faire du bateau mais souffre du mal de mer !

Jean Pierre Lepelley, ingénieur au C.E.A. qui  prend ses marques pendant quelques jours,  avant de nous rejoindre en Grèce,  pour une année sabbatique comme  équipier et Patrick Massin un de ses amis.

Avec un tel équipage, le bateau a été rapidement toilé et est   déjà  en train de régater avec un autre très beau voilier pour sortir du Solent.  Cette première étape doit les conduire à Guernesey.

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Le départ de Cowes

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Le départ de Cowes

Cependant tout n’était pas totalement fini à bord, il nous manquait du temps, encore un ou deux mois,  mais  Yves avait  dû partir  avec le bateau pour arriver à temps en Grèce pour les premiers charters pour lesquels nous nous étions engagés. Nous nous devions d’être crédibles et  il n’était pas question de ne pas être au rendez-vous.

Moi  je suis  restée à terre pour finir de régler tout ce qui est à faire,  rapatrier la voiture d’Yves  qui avait été amenée pleine de matériaux à Cowes, la revendre en France, finir de vider notre appartement et installer ce que nous gardions de notre vie passée,   chez mes parents  qui nous avaient accordé deux pièces pour stocker nos souvenirs précieux ;   contacter  encore les agences de location pour les convaincre que nous serions au rendez-vous et prêts à travailler dès fin Juin  et qu’ils nous envoient des clients .  Nous avions épuisé nos réserves financières et n’avions dorénavant plus de revenus, à part  les versements des Assedic à Yves  d’indémnités pour son départ   en préretraite, négocié avec ses employeurs (Oui, c’était une époque où l’on vous payait pour partir en retraite  par anticipation !). Il me fallait aussi faire des achats de pièces de rechange qui seraient à confier aux équipiers  devant rejoindre le bateau à Lisbonne ou à  Majorque. Je devais aussi  récupérer les  honoraires des dernières  expertises d’Yves,  etc.

Sniff ! Je repartais  toute seule, bien triste et abandonnée  par cette joyeuse bande, et quittais  Cowes que j’avais  adoré.  Pour me changer les idées  je  me concentrais à maitriser la conduite à gauche et les problèmes d’embarquement de la voiture dans le ferry !

Dans ces premières pages du  livre de bord,  je ne trouve nulle  exultation d’Yves pour ce grand départ, aboutissement de cinq ans d’acharnement. Mais il est vrai qu’Yves n’était pas démonstratif.  Mais quelles contraintes  pour lui  lorsqu’on lit la litanie de ses travaux forcés ; il ne se passait pas un jour  sans qu’il  ne soit obligé de  finir, de  fignoler ou  réparer quelque chose à bord.     Après le pot d’échappement qui avait lâché et failli nous asphyxier dans le trajet Saint–Valery/Cowes, c’est  l’hélice qui alerte Yves : elle fait un bruit anormal, le moteur étant arrêté,   elle semble desserrée : l’hélice entraine l’arbre, mais poussé en arrière. Yves fait  essais de mise en marche du moteur pour tenter de bloquer l’hélice,  sans succès.  Heureusement le vent leur permet de marcher à la voile  à 8/9 nœuds  et d’arriver à Guernesey le lendemain avec des creux de 4/5 m et des déferlantes. (Pauvre Eliane !)

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St Peterport Guernesy

Ils font escale à Saint-Peter-Port.   Yves  décide d’examiner l’hélice. Le bateau est placé contre un quai  et la marée descendante va le mettre au  sec.  On imagine  les problèmes pour poser un bateau de 35 tonnes,  à quille étroite et sans béquilles, sur un fond mal connu et pour la première fois !  Yves  a une  grande expérience  de ce genre de manœuvres  avec Kernevel, cependant ici, la surface portante de la quille du Saint-Graal est bien plus petite et le bateau 4 fois plus gros ! Il y a un équilibre avant/ arrière risqué et il faut bien saisir le bateau à quai  avec tout un réseau d’amarres (y compris  sur les mâts) pour éviter une bascule  avant arrière ou latérale.  Yves ne dit pas un mot des angoisses  qu’il a du vivre au fur et à mesure que la marée descendait.    Mais tout se passa bien.

Il descend dans la vase pour constater  que l’écrou de l’arbre d’hélice est  desserré  mais encore freiné par la tôle pliée ?   Je ne saurais expliquer ce problème technique mais il avait failli perdre l’hélice  qu’il  démonte et refixe  correctement et solidement.  Pendant que le bateau est au sec il en profite pour faire nettoyer la coque au karcher et faire passer une peinture antifowling (car le bateau ayant été à l’eau dans le canal depuis plus de 2 ans,  la peinture d’origine  a été altérée.)

D’autres problèmes s’avèrent : et il y a une lutte  à mort entre le radar et satnav qui se perturbent l’un /l’autre et  le satnav s’éteint tout le temps. (Le satnav était l’ancêtre des GPS  et donnait la postion precise du bateau à chaque passage d’un satellite ).

Le congélateur, lui au contraire, tourne sans arrêt et risque de vider les batteries. Yves  arrive à faire venir les installateurs à Guernesey pour des réparations et modifications.

A partir de ce moment aussi  commença un combat  sans merci entre Yves et la  pompe à eau (entendez celle qui pompait l’eau des réservoirs d’eau douce  pour la distribuer, après qu’elle ait été mise sous pression, aux robinets de lavabos et de la cuisine.)

Le loch ne marchait pas… d’origine ! Heureusement il y avait à bord le bon vieux loch à ficelle encore appelé « à bateau », que l’on met à l’eau manuellement.  On verra que la suite n’est pas triste non plus

A Guernesey nos amis parisiens débarquent pour reprendre leurs activités. Par  ailleurs, Corentin Bourvéau et son épouse,  père et la mère d’Yves,  arrivent de Bréhat pour voir le bateau et leur fils avant son départ pour plusieurs mois. Yves accuse une certaine tristesse à leur départ.  Sans doute réalisait-il que ses parents étaient âgés et  que tout pouvait arriver.

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Yves et Henri aux réglages de la route et des voiles

Le 19 mai à 21h30, Départ de Guernesey : ils reprennent la mer à trois : Pierre, Henri et Yves.

Le 22, ils prennent un bon coup de vent force 8, Yves et Pierre réduisent progressivement la voilure avec difficulté et  portent leurs  harnais (Fallait-il que ça barde ! Je n’ai pas vu souvent Yves mettre un harnais). Le temps devenant vraiment très dur, Yves  doit réaliser  que ses équipiers sont fatigués. Il a déjà navigué sur cette côte et se souvient d’un excellent refuge. Il conduit  Saint-Graal à l’abri, « dans un trou », comme il dit : le petit port  de Vivero, à l’Est de La Corogne. Ils entrent dans ce mouchoir de poche, de nuit, « au radar et au sondeur » : bel exploit.   Ils  mouillent à 6h du matin,  ils vont dormir  jusqu’à  17 h45  et en se réveillant ils prennent à la fois  «  « déjeuner, thé, et  dîner », dit Yves, sans plus d commentaires.  L’escale n’était  pas prévue et les retarde un peu mais, au moins, sont-ils reposés.  Car malgré qu’ils soient  bons marins tous les trois , ce sont des citadins et ils n’ont pas l’entraînement de grands coureurs de mer.

Le  23 mai le coup de vent s’étant calmé, ils repartent.  Étant au près serré, ils abaissent  la dérive ; Yves constate « qu’elle cogne très fort quand elle est descendue à fond et ébranle tout le bateau, cela va mieux quand on la remonte un peu  »  C’était le coup d’envoi de la serie des  problèmes avec la dérive.

Plus tard,  avant  le cap Finistère,  avec vent ¾ arrière ils atteignent près de  11 nœuds ! Pendant ces journées ils se régalent à la voile et font de nombreux essais de réglages, avec et sans tangon sur la yankee.  Par contre leurs nuits  ne sont pas faciles avec beaucoup de pêcheurs rencontrés.

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Saint-Graal dans le port de Lisbonne – à droite le monument à Henri le Navigateur

Ils arrivent à Lisbonne le 27 mai où Jacqueline Renevier et Mme Payelle embarquent avec, dans leur sacs, du matériel qu’Yves m’avait commandé par téléphone.

Les communications radiotéléphoniques par radio VHF avec les stations côtières avaient été  nombreuses pendant ce temps. Notre indicatif « Mike, Alfa, Uniform, Kilo, Two » ( MAUK 2)  qui nous avait été attribué,  précédait notre « Sierra, Alfa, India, November, Tango, Golf, Roméo, Alfa, Alfa, Lima ». comme nous épelions « Saint-Graal »  pour nous identifier. Yves m’avait entraînée et j’avais passé ma capacité de radiotéléphoniste.  Yves avait des liaisons régulières avec les membres de la famille  et me téléphonait régulièrement pendant ce trajet  pour être tenu au courant des évènements nous concernant à terre  ou pour donner des nouvelles.

A Lisbonne, le président du Club Nautique , aussi maire de Lisbonne, leur fait l’honneur de venir prendre un  pot à bord.  C’est un navigateur qui a une maison dans les îles Berlingue autour desquelles il   va pêcher régulièrement.

Yves profite de l’escale pour faire une série de  réparations  des pompes. D’abord  la fameuse pompe à eau douce Sylvain Bernard dont il  draîne toutes les tuyauteries venant des réservoirs, ensuite   il répare une fuite  sur la pompe du groupe électrogène  BMW, enfin remonte un tuyau sur la pompe Black et Decker utilisée pour  pomper les fonds de la salle des machines. En prime il plonge avec bouteille pour aller vérifier l’hélice : il a le plaisir de trouver que tout va bien  à la suite de sa réparation de Guernesey !  Une escale ordinaire ……

Ils repartent  vers le sud.  La lutte avec la pompe à eau continue ;  elle se désamorce sans arrêt, Yves avait déjà nettoyé tout son circuit, surpris d’y trouver de détritus divers  dont des écailles de peinture,  mais il y a aussi des prises d’air intempestives.

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Beau temps, belle voile

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Yves à la veille mais pilote automatique

Le 29 ils font une escale à VILAMOURA encore au Portugal.

Le 31 ils passent le cap Trafalgar et découvrent la côte d’Afrique. Enfin ils  arrivent à Gibraltar.

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Amarrage à quai à Gibraltar

La pompe a eau continue à faire des siennes  Yves se bat avec elle et ne cède pas,  mais  par prudence,  à Gibraltar, il achète deux pompes à eau, une à main et une à pied, en dépannage si la fameuse pompe électrique déclarait forfait !

Le 1 juin départ de Gibraltar « beaucoup de cargos dans les deux sens » ils sont maintenant en Méditerranée  (photo)

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Les équipiers à la vaisselle

La navigation autour de l’Espagne se poursuit et ils piquent dès que possible sur les Baléares .

Yves note « Jour faste ! La pompe à eau marche après une nuit à l’arrêt ! La reprise des joints à l’arrivée d’eau, faite hier matin y est peut-être pour quelque chose !  Ajusté le loch pour le diminuer de 10% car l’estime est sans arrêt en avant par rapport aux points du sat nav » 

Deux jours après « remis l’enregistreur de distance du loch en route à coups de claques ! » Deux heures après   « loch de distance  bloqué ! »

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Sous voile

Malgré les fantaisies du loch, ils sont arrivés avec beau temps, bon vent et après de belles parties de voile à Palma où Pierre, Henri et leurs épouses débarquent avec tristesse,  non sans avoir passé quelques  heures agréables au « Réal nautico de Palma », le prestigieux  club nautique où le roi d’Espagne en personne avait  son bateau.

Equipage au repos entre deux manœuvres

Devant le Royal Club Nautique de Palma

En lisant les péripéties  de cette première grande croisière dans  le livre de bord scrupuleusement tenu pas Yves,  je réalise que là commençait une terrible lutte, sourde et larvée,  entre ce bateau  et Yves, pour le maîtriser, le peaufiner, éviter ses révoltes qui se dévoilaient dans le refus  des appareils à marcher correctement,  pour réparer sans arrêt tout ce qui pouvait se casser ou être déficient  et  pour le rendre de plus en plus docile  jour après jour !

En constatant cette bizarre évidence,  j’ai considéré d’un autre œil la suite de notre vie, sur et avec le Saint-Graal et j’ai bien été  obligée  d’admettre qu’une sorte de malédiction  nous a poursuivis,  tout au long de cette aventure,  malgré les images ensoleillées et  radieuses qu’il en reste et que mes souvenirs ont sélectionnées.

Cette plongée dans le passé,  pour alimenter ce site,  me fait  constater :  Oui, le Saint- Graal avait quelque chose de maléfique et au final, c’est lui qui a gagné!  On le verra à la fin de  cette histoire.

                           Deuxième partie de Palma à Rhodes (A suivre)